L’union fait la force qu’ils disaient…certes, l’adage se vérifie souvent. Encore que Hugh Heffner ait sans doute une vision différente de l’union au sens matriarcal du terme. Après plusieurs essais successifs en matière de Cross-over pour les jeux de combat (Marvel Vs Capcom, Capcom Vs Snk ou plus récemment Tekken X Street Fighter), le genre Tactical-RPG cède lui aussi aux sirènes des rencontres multi-enseignes depuis plusieurs années. Namco X Capcom ouvre le bal en 2005 sur PlayStation2, développé par MonolithSoft, à qui l’on doit des titres aussi prestigieux que les deux Baten Kaitos, la série Xenosaga et l’exceptionnel Xenoblade Chronicles.
Après un Prologue de plusieurs heures permettant de se faire la main avec chacune des équipes et découvrir le système de combat, le joueur entre dans le vif du sujet dès lors qu’il doit prendre le contrôle de 5 à 10 teams sur une même map et dézinguer une cinquantaine de bestiaux aussi hostiles que puissants.
UN JEU CLASSÉ « X »?
A sa sortie, Namco X Capcom attire l’œil des fans de jeux de combat grâce à la présence des personnages emblématiques des deux firmes issus de grosses licences bastoniques (Soulcalibur, Tekken, Final Fight, Rival Schools, Street Fighter Alpha ou encore Captain Commando) mais également par la possibilité d’incarner des personnages qui se font plus rares de nos jours, représentant des jeux aussi sexy et réputés que Ghosts’n Goblins, Tales of Destiny, Wonder Momo, Forgotten Worlds, Strider ou Klonoa.
Malheureusement pour les fans du genre, et en dépit de toutes ses qualités, Namco X Capcom ne passera jamais les frontières du japon. Mais rassurez-vous « Léa Passion cheval » a eu les honneurs d’une localisation dans la langue de Molière, l’honneur est sauf! Comment ça on s’en branle?!? Je vous trouve bien élitistes d’un coup…
TOUT VIENT A POING…
2013. MonolithSoft a été racheté depuis plusieurs années par Nintendo. Fort de la réussite d’un Xenoblade Chronicles purement jouissif, le studio nous balance dans les dents un Tactical RPG sur 3DS au nom aussi obscur que Project X Zone. Alors, oui, effectivement, si vous voyez ce titre dans les étals de votre revendeur favori, vous allez hésiter à deux fois, car, je vous l’accorde, avec un nom pareil on s’attend à un film interactif pour adultes produit par PRIVATE, mais rien à voir en fait…encore que les combats de mêlée à plusieurs puissent s’apparenter parfois à de belles scènes d’orgies romaines, mais je m’arrête là, histoire de garder un peu de suspense pour la suite du test.
Bref, sous ce sobriquet sibyllin se cache la suite non avouée de Namco X Capcom, avec la même formule et le même délire visuel. Au menu des réjouissances de ce nouveau cross-over rondement mené, NAMCO BANDAI offre de poser ses petites paluches grasses sur les éternels Ryu, Ken et Chun-Li, mais aussi (et surtout, diront les plus difficiles) sur Frank West (Dead Rising), Jin Kazama, Alissa Boskonovitch (Tekken6), Alisa (God Eater), Akira et Pai (Virtua Fighter), pour ne citer qu’eux. Cet opus 3DS reprend l’essentiel du gameplay de l’original. Ainsi, si le scénario totalement What The Fuck à base de failles spatio-temporelles et de téléportations n’est qu’un prétexte aux joutes entre les assaillants venants de (très) multiples horizons, le système de jeu est essentiellement basé sur des combats aussi dynamiques que visuellement puissants.
Après un Prologue de plusieurs heures permettant de se faire la main avec chacune des équipes et découvrir le système de combat, le joueur entre dans le vif du sujet dès lors qu’il doit prendre le contrôle de 5 à 10 teams sur une même map et dézinguer une cinquantaine de bestiaux aussi hostiles que puissants. Si les déplacements ne requièrent pas du joueur un gros effort de stratégie dans les premiers temps, il en sera tout autrement dès que les zones de combat deviendront plus complexes ou étroites, forçant à jongler habilement entre ses troupes pour se mouvoir avec aisance jusqu’aux assaillants sans risquer de se mettre à découvert. A chaque phase sur la carte, vous pourrez utiliser les points d’XP grassement gagnés durant les combats pour utiliser les Skills de vos équipes. On passera sur les classiques healing qui permettent de regagner 10% à 50% de vie, pour s’attarder un instant sur les pouvoirs plus originaux octroyant une zone d’attaque plus étendue, un gain d’expérience en combat boosté de 20% (très utile pour faire grimper ses persos) ou encore une force de frappe augmentée de 15%.
DE L’ART DE SE METTRE SUR LA TÊTE AVEC CLASSE ET BON GOÛT!
Tout est bon pour mettre en valeur les assauts et le résultat est à la hauteur des attentes: calqué à l’identique sur son prédécesseur, le système de combat vous met à chaque fois aux commandes d’un binôme de combattants (issus d’une même licence) au design totalement sexy , éventuellement accompagnés d’un « Striker » et d’un « Support attack », qui se déclenchent avec les touches L ou R. Les coups s’exécutent grâce aux touches directionnelles du pad + la touche A, les équipes gagnant de nouveaux coups au fil de leur montée en expérience. S’ils ne disposent que des direction gauche, droite et neutre au démarrage, les directions bas et haut viendront se rajouter par la suite, ainsi que la furie, sélectionnable avec Y, offrant donc un panel de coups assez variés au final. Mais le sel du système de combats viendra surtout des subtilités obligeant le joueur à toujours rester vigilant. Ainsi, repêcher un adversaire au ras du sol, à la manière d’un jeu de combat, vous gratifiera d’un Critical counter. S’il amplifiera la force de vos coups, il vous donnera surtout beaucoup plus d’expérience en fin de match. Dans le même esprit, lancer une attaque combinée avec son striker fera grimper votre jauge XP, celle-là même qui, remplie à 100%, permet de sortir une furie en plein combat, ou qui vous donnera accès à tous vos skills une fois repassé en mode déplacement sur la map. Bref, tout a été pensé pour que le jeu vous dévoile ses richesses au fil du temps.
S’il apparaît donc plutôt simpliste dans son approche lors des premières heures de jeu, ce Project X Zone se révèle à mesure que les teams développent leurs compétences. Quel régal dès lors de pouvoir enchaîner plusieurs coups avec repêchage à la dernière seconde, suivis de l’envoi d’un Striker pour comboter par la suite avec un rebond sur le mur, enclencher une Support Attack et voir la jauge d’XP grimper jusqu’aux 100% fatidiques permettant de balancer toute sa supérieure puissance dans les gencives de sacs de frappes aussi variés que des zombies, des cyborgs, des chevaliers en armure ou des Boss issus des univers cités plus haut. En parlant d’univers, la création de MonolithSoft a le bon goût de revisiter les lieux parcourus dans les licences cultes de Namco, Capcom, Banpresto ou SEGA.
A noter que la 3D apporte un réel intérêt étant donné le mode de représentation sur la carte, mais il sera aussi un atout cosmétique évident lors des combats, en particulier les furies, mises en scène avec brio.
Le délire absolu du scénario laisse au développeur une liberté de choix dans la narration qui permet de zapper d’une cimetière glauque (Ghouls’n’ghosts) à l’intérieur d’un tronc d’arbre pour enchaîner sur les quartiers d’affaires du centre ville de Tokyo (Tekken) ou un château de Transylvanie (Darkstalkers) sans que le joueur ne soit réellement déstabilisé. Par delà cette variété qui apporte une fraîcheur indéniable et un renouvellement constant, comment ne pas « coupablement » reconnaître que l’aspect visuel du jeu lui procure un charme exceptionnel? Que ça soit sur la carte, avec des petits sprites complètement kawaï ou lors des combats avec du pixel art bandant à souhait, MonolithSoft a très bien compris comment faire chavirer le cœur des fans. Pas besoin de faire de longs discours (Francis Cabrel ne dira pas le contraire), ça change tout dedans, ça change tout autour, et les photos parlent pour lui. N’espérez pas la moindre faute de goût en terme de design (oui, surtout toi, le petit boutonneux sadique assis au dernier rang qui se cure le nez depuis le début du test en espérant que j’en dise du mal…retire-moi ce doigt que je ne saurais voir!!!). Tous les personnages cultes sont retranscrits de belle manière (mention spéciale à Dante, Frank West, aux personnages de God Eater et à ceux du génial mais sous-estimé RESONANCE OF FATE de SEGA) et le choix des licences s’est visiblement fait de manière réfléchie pour proposer une harmonie parfaite.
A noter que la 3D apporte un réel intérêt étant donné le mode de représentation sur la carte, mais il sera aussi un atout cosmétique évident lors des combats, en particulier les furies, mises en scène avec brio. Les animations lors de ces super coups sont de véritables feux d’artifices qui mettent en valeur les coups les plus célèbres des différents personnages durant près d’une dizaine de secondes et qui peuvent également être zappés pour ceux qui seraient pressés d’en découdre et passer au prochain combat.
ET SI ON ALLAIT ZONER TOI ET MOI?
Parti d’une idée plus toute neuve mais beaucoup trop rare dans le genre T-RPG, en particulier en Europe, ce cross-over multi-franchises gagne sur tous les tableaux: à proposer un jeu simple et accessible, il ne se coupe pas du public J-RPG réfractaire aux Tacticals, tout en attirant les férus du genre grâce à un casting de haut vol, le tout emballé dans un paquet cadeau doré à l’or fin qui brille de plus en plus à chaque jour qui passe. Les jeux de rôle dans leur ensemble étant loin d’être un genre sur-représenté sur 3DS à l’heure actuelle, la question de l’achat de la nouvelle merveille de MonolithSoft n’aura pas à se discuter bien longtemps, pour peu que vous soyez sensible aux licences SEGA, Namco ou Capcom.
Project x Zone est clairement taillé pour console nomade. Si le concept ne révolutionne rien en matière de T-RPG, l’association de licences prestigieuses et l’harmonie générale forcent le respect. Les plus exigeants lui reprocheront un manque de profondeur comparé aux ténors du genre, mais la 3DS étant encore un peu radine en la matière, Project x Zone fera un second couteau de prestige.
Ashounet X Odallem
VERDICT
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